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Interview de Jérôme Michelet – Expert domaine maritime/ International

09/04/19
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Bonjour Jérôme, pouvez-vous nous présenter votre activité ?

Bonjour. Je suis consultant en gouvernance maritime. Cela couvre l’Action de l’Etat en Mer sous toutes ses formes, mon intervention pouvant être déclinée selon les besoins. Ainsi, j’ai pu contribuer au développement de capacités telles que la lutte contre la piraterie, la sécurité et la sûreté portuaire, l’économie dite « Bleue » ou la surveillance des pêches. Je suis plus particulièrement spécialisé dans l’aide au développement en Afrique.

Depuis plusieurs années vous travaillez avec des clients internationaux (Afrique, Europe, USA…), quel a été votre parcours pour en arriver à ce positionnement ?

J’ai toujours eu le goût du travail en milieu international. Mais l’envie ne suffit pas, il faut aussi se montrer attractif et trouver des contrats. Ma première carrière dans la Marine nationale m’a permis d’acquérir une solide expérience que je peux valoriser depuis. En quittant la Marine, j’ai eu la chance de trouver un premier contrat en Afrique sur la piraterie, grâce au réseau de mes anciens collègues. Par la suite, je me suis rendu compte que cette première expérience était doublement indispensable : d’une part, pour devenir repérable par les chasseurs de têtes, et d’autre part, pour me donner les codes de ce nouveau milieu professionnel afin d’aller chercher le travail où il se trouve.

Quel est pour vous l’avantage de réaliser vos missions aux quatre coins de la planète ?

Personnellement, j’adore découvrir de nouvelles destinations, même si le tourisme n’est pas toujours possible en marge du travail. Mais le plus grand plaisir, c’est de découvrir des préoccupations et des manières de penser assez différentes de nos habitudes hexagonales ; et c’est de discerner quel sera le meilleur compromis entre les souhaits et les capacités de parties prenantes qui se connaissent très mal, afin de tirer le meilleur parti des efforts engagés, au-delà de la rédaction parfois inadaptée des contrats. Cerise sur le gâteau, j’ai la chance de travailler sur des grandes causes mondiales appréciées du grand public.

De par votre expérience, il y a-t-il des aptitudes, qualités requises à prendre en compte pour travailler à l’export ?

L’anglais. Tout se fait en anglais à l’international. Pas l’anglais comme à l’école, mais travailler exclusivement en anglais, écrit et oral, des semaines durant. Réfléchir en anglais. Se distraire en anglais. Rire en anglais. Rêver en anglais. Pas de panique, cela vient tout seul avec la pratique ! Et on ne prétend pas battre les anglophones natifs, mais juste faire aussi bien qu’eux… sauf que nous, en plus, on parle français… et c’est une super plus-value.
Et bien sûr, la curiosité, l’écoute, la compréhension, la souplesse intellectuelle. Travailler avec des « internationaux », c’est facile, tout le monde fait des efforts ; travailler avec des étrangers chez eux, c’est plus compliqué, car on est seul à devoir s’adapter à des règles que l’on ne connaît pas. Toutes les civilisations ont leur fonctionnement propre, leurs qualités intrinsèques qui ne sautent pas forcément aux yeux et qu’il faut accepter avec respect et tolérance. Même les autres occidentaux ont des codes différents, un humour différent, des non-dits qu’on ne peut pas deviner, ce qu’on tend à oublier d’autant plus qu’ils nous ressemblent ; inversement, ils ne perçoivent pas bien nos spécificités françaises, ni les besoins supplémentaires en tant qu’expatrié. Il faut faire avec et s’adapter à eux.

Quel est l’apport du portage salarial pour vous ?

Double. Pour moi, c’est la prise en charge de toute la charge administrative qui m’échoirait si j’étais mon propre employeur. Pour mes clients, c’est la facilité de m’employer sans se soucier des singularités de la législation française du travail.

Nombreux sont celles et ceux qui souhaitent dépasser les frontières, un conseil pour les aider à trouver des opportunités de missions, à se positionner sur ce marché ?

Une des difficultés, c’est d’être en compétition avec des experts du monde entier. Les concurrents sont très, très nombreux. Certains ont l’anglais comme langue maternelle. D’autres acceptent des salaires très bas.
Il faut donc valoriser d’autant plus nos atouts : certaines compétences sont en déficit mondial, comme ingénieur informaticien ; la France a une forte aura dans certains secteurs, comme le luxe ; le monde francophone est impénétrable pour beaucoup ; on nous accorde une conception occidentale de la qualité du travail qui nous fait parfois préférer à d’autres candidats meilleur marché… et bien entendu l’expérience personnelle, notamment une première expérience internationale est très rassurante pour l’employeur potentiel.
Le plus dur, c’est de commencer. Demander de l’aide à votre réseau – ou à un cabinet de chasseurs de têtes : il vous aidera à traduire vos compétences hexagonales en international, à trouver les gisements d’emplois, à y répondre, et à comprendre certaines règles.

Un dernier mot pour encourager ceux et celles qui souhaitent se lancer dans cette aventure ?

Go for it! Beaucoup en rêvent, peu le concrétisent. En effet, le premier job est le plus dur à décrocher. Mais quelle vie passionnante ! Quelle ouverture !

 

Pour connaitre mieux Jérôme Michelet et les services proposés :

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